TENDANCES ET ENJEUX DES EHPAD DÉCRYPTÉS PAR ELIOR SERVICES SANTE

TENDANCES ET ENJEUX DES EHPAD DÉCRYPTÉS PAR ELIOR SERVICES SANTE

29 juin 2018

Tom Lowe
29 juin 2018

[Article] Le vent des réformes redonne-t-il la forme aux entreprises ? – Conférence SYNERPA 2018

Suppression du CICE, nouvel allègement de charges, nouvelle réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage, nouvelle convention chômage, nouveaux droits, nouvelles obligations : comment les entreprises du secteur des services réagissent-elles face à ces réformes ?

Le gouvernement Macron suscite quelques interrogations. « Le rythme est dynamique mais il n’a pas attaqué notre techno-structrure, ce mille-feuille effroyable… » témoigne Sophie de Menthon qui déplore le manque de nouvelles têtes dans l’administration et les dépenses structurelles. On revient alors sur la réaction du Président Emmanuel Macron quelques jours plus tôt « Tout ce pognon et on y arrive pas », à propos des aides sociales qui n’endiguent pas la pauvreté. Certains soutiennent que c’est un effet de communication. Sophie de Menthon approuve le style : « c’est ainsi que l’on parle, on a peur des mots, mais il dit simplement les choses, communication ou pas. ». Concernant le secteur de la silver economy, celui de l’accompagnement au Grand Âge, Sophie de Menthon soutient que moins l’État s’en mêle mieux cela vaut. Il serait nécessaire, selon elle, que le gouvernement pose le cadre, crée l’environnement, facilite les horaires et favorise les emplois mais qu’il laisse les professionnels du secteur faire le reste, car ils ont davantage la maîtrise du sujet. Jean-Alain Margarit ajoute que le financement de la dépendance et de la perte d’autonomie reste à travailler mais qu’il est vrai que ce n’était pas au programme. Le secteur du Grand Âge représente tout de même 700 000 salariés en France, soit une fois et demi la filière automobile. Il vaut la peine de s’y pencher pour en valoriser les emplois : « C’est une belle aventure humaine que de travailler auprès des autres, des personnes âgées. »

L’économie du secteur des services reste sensible car la masse salariale représente 50 à 80% des charges

Face aux réformes, à la volonté de dématérialisation et de simplification, il a fallu entamer une gestion du changement. Christine Jeandel déplore le fait que les entreprises soient rarement interrogées. Ce qui peut paraitre un détail peut bouleverser la vie d’une entreprise. L’économie du secteur des services reste sensible car la masse salariale représente 50 à 80% des charges. Christelle Martin fait remarquer que les modèles économiques des entreprises de services ne sont finalement pas bien connus, que le service ne se stocke pas, et qu’il y a une grande saisonnalité de la demande avec des flux aléatoires de clientèle. Le RGPD (Règlement général sur la protection des données) pèse également sur les plus petites entreprises du secteur pour sa mise en place concrète. Idem pour le prélèvement à la source : « Cela peut détériorer le climat social, car le reste à vivre sera moindre par rapport à ce qu’on avait l’habitude de percevoir. » explique Jean-Eudes du Mesnil. 

La difficulté de recruter a remplacé la peur d’embaucher

« L’effet Macron » reste considérable. La réforme du code du travail aurait fait chuter de 30% le nombre d’affaires portées aux Prud’hommes, selon Jean-Eudes du Mesnil. Grâce aux nouvelles ordonnances la difficulté de recruter a remplacé la peur d’embaucher. Michel Guilbaud appuie sur le fait que la France est très regardée et qu’elle bénéficie d’une grande confiance notamment en Europe. Point problématique soulevé : la fiscalité locale qui explose. Pour Jean-Eudes du Mesnil il ne suffit pas de bouger les curseurs en terme de fiscalité, il faut s’intéresser aux prélèvements globaux des entreprises. Par exemple, la transformation du CICE en baisse de charges sociales pérenne, prévue en 2019, est un sujet qui fâche. Alors que la Loi PACTE et la suppression du forfait social sur l’intéressement suscitent encore l’espoir, que penser du malus appliqué aux entreprises pour les contrats courts ?

Pour Jean-Alain Margarit c’est une atteinte à la liberté, car en maintenant l’emploi on se retrouve surtaxé. Il n’est pas nécessaire de renchérir le coût du travail. Michel Guilbaud soutient que l’entreprise est regardée comme fautive pour les contrats courts alors que dans le secteur de services c’est souvent une nécessité. Mais la Fonction Publique ne serait-elle pas la plus grande utilisatrice de contrats courts ? 

Axes de progression ? On propose au gouvernement une méthodologie plus collaborative avec les entreprises concernées pour avoir un vrai rapport au réel et une évaluation en amont et en aval des politiques publiques pour des décisions plus harmonieuses et bénéfiques.

Cet article est extrait du compte-rendu des conférences du 18e congrès du SYNERPA. Pour recevoir le compte-rendu complet, remplissez le formulaire ci-après :

 

Avec Agnès Firmin Le Bodo, Députée de Seine-Maritime • Sophie de Menthon, Présidente d’ETHIC • Christelle Martin, Déléguée générale du groupement des Professions de Services • Michel Guilbaud, Directeur général du MEDEF • Jean-Eudes du Mesnil, Secrétaire général de la CPME • Jean-Alain Margarit, Président du SYNERPA • Christine Jeandel, Présidente de Colisée.

 

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