TENDANCES ET ENJEUX DES EHPAD DÉCRYPTÉS PAR ELIOR SERVICES SANTE

TENDANCES ET ENJEUX DES EHPAD DÉCRYPTÉS PAR ELIOR SERVICES SANTE

17 sept. 2018

Tom Lowe
17 sept. 2018

[Article] Accueil des personnes en situation de handicap vieillissantes : quelles solutions ?

Afin de faciliter au mieux leur quotidien, certaines personnes en situation de handicap sont accueillies dans des structures adaptées (tels que de IME). Mais passées 60 ans, elles ne trouvent pas toujours, dans les structures d’accueil pour personnes vieillissantes, les infrastructures et les services adaptés à leur handicap. Quelles solutions sont à leur disposition pour leurs vieux jours ?

En France, 730 000 personnes en situation de handicap cumulent limitation fonctionnelle, ressenti du handicap et reconnaissance administrative (1). Mais si quelqu’un peut être considéré comme « handicapé » tant qu’il n’a pas atteint ses 60 ans, au-delà de cet âge, il devient « dépendant ». Entre les deux statuts, les droits et les services diffèrent – mais la question demeure : comment assurer bien-être physique et inclusion sociale à une personne handicapée, à chaque étape de sa vie ? Parmi les solutions disponibles, les EHPAD ont un rôle important à jouer. 

Vieillissement et handicap

L’amélioration des conditions de vie, les progrès de la médecine favorisent une espérance de vie plus longue pour l’ensemble de la population.

Mais le processus physiologique du vieillissement peut s’avérer plus précoce chez les personnes en situation de handicap : les maladies dégénératives, des déficiences sensorielles ou encore des incapacités fonctionnelles, affectent plus rapidement leur autonomie relative.

Bien qu’il soit parfois difficile de faire la part exacte de l’impact du vieillissement et de l’évolution du handicap, ces troubles viennent accroître les difficultés. Une évolution qui nécessite un changement de lieu de vie.

Les lieux de vie habituels des personnes handicapées

En fonction de leur état de santé, les personnes handicapées peuvent vivre dans des lieux très divers, y compris à domicile avec l’aide de services extérieurs.

Elles peuvent aussi être reçues dans un foyer d’hébergement lorsqu’elles sont travailleurs handicapés (jusqu’à 60 ans) ; un foyer de vie ou un foyer occupationnel lorsque le handicap ne permet plus d’exercer une activité professionnelle ; un établissement médico-social lorsque l’assistance d’une tierce personne est nécessaire ; voire encore, en accueil familial ((https://www.famidac.fr)).

Lorsque le vieillissement aggrave l’état de santé

Avec le vieillissement, les besoins d’accompagnement peuvent évoluer, au point que le maintien au domicile ne soit plus possible, ou que la structure d’hébergement  habituelle ne puisse plus assurer l’accompagnement nécessaire, même en recourant à des services extérieurs (soins infirmiers ou hospitalisation à domicile). Il devient alors nécessaire d’orienter la personne handicapée vieillissante vers une solution d’hébergement plus adaptée.

Plusieurs solutions d’accueil sont possibles :

- en foyer d’accueil médicalisé : à condition que le handicap ait été reconnu avant l’âge de 60 ans ;

- dans une structure spécialement conçue pour accueillir des personnes handicapées vieillissantes : comme par exemple des foyers d’accueil médicalisés pour personnes handicapées vieillissantes pouvant répondre à des besoins en soins plus importants (moyennant une participation aux frais calculée en fonction des ressources) ou encore des maisons d’accueil rurales pour personnes handicapées âgées.

- dans un EHPAD, en particulier s’il est doté d’une unité spécifique pour personnes handicapées vieillissantes.

L’accueil en EHPAD

Les EHPAD sont, de fait, de plus en plus amenés à prendre en compte la question de l’accompagnement spécifique du vieillissement des personnes handicapées. Pour le mettre en œuvre, ils sont notamment conduits à nouer des partenariats avec des structures ou des professionnels extérieurs.

Les EHPAD sont en principe réservés aux personnes de 60 ans et plus, bénéficiaires de l’APA (2). Ces établissements ont l’avantage d’être dotés de locaux ainsi que de moyens en personnel et en matériel adaptés aux personnes dépendantes, voire très dépendantes. Michel Barbé, directeur des Jardins du Castel, à Châteaugiron en Ille-et-Vilaine, précise : « on évoque les incapacités des résidents en termes de degrés de dépendance et non pas de handicap. Cette dépendance est évaluée selon la grille GIR (Groupes Iso-Ressources) établie par les professionnels de la gérontologie ».

Du plus autonome (GIR6) au plus dépendant (GIR1), le niveau d’autonomie des personnes âgées est apprécié sur une dizaine d’activités : cohérence, orientation, toilette, habillage, alimentation, hygiène de l'élimination, capacité à changer de position, déplacements, communication à distance. Objectif : déterminer le mode de prise en charge le mieux adapté. Le GIR 1 concerne les résidents totalement privés d’autonomie motrice et mentale, une vingtaine dans l’établissement de Michel Barbé. 

Des locaux adaptés à la dépendance

Les locaux des Jardins du Castel, comme tout EHPAD, sont adaptés aux normes requises pour l’accueil des personnes dépendantes. « La taille des salles de bain doit par exemple permettre la giration d’un fauteuil roulant », explique le directeur. « Tout est mis en place pour que les résidents conservent le maximum d’autonomie ». Tout en ménageant la santé du personnel -  les chambres sont ainsi équipées de rails  afin de faciliter le lever des personnes très dépendantes. 

Si les équipements des EHPAD s’avèrent assez propices à l’inclusion des personnes handicapées vieillissantes, il en va de même pour l’esprit qui y règne. Les membres de l’équipe hôtelière sont habitués à gérer avec souplesse et bienveillance les différences physiques et mentales des résidents, et savent accorder de l’importance à ces petits détails qui font que l’on se sent bien…

Sans oublier que la maladie d’Alzheimer, pour que ne citer que la plus connue des affections neurodégénératives, peut aussi bien atteindre une personne handicapée qu’un individu valide : « 8 dossiers sur 10 de demandes d’hébergement en EHPAD concernent ce motif », indique Michel Barbé. Cette pathologie nécessite des locaux adaptés à l’accueil de personnes désorientées et une formation spécifique du personnel. Divers moyens peuvent être mis en place pour faciliter la vie des résidents touchés par cette maladie, comme par exemple des sols au même niveau, une sécurisation des accès afin de limiter le risque de fugue, etc.

Parce que chacun a un parcours de vie différent, les établissements d’accueil s’efforcent de s’adapter au cas par cas, avec professionnalisme. La gestion de résidents handicapés exige cependant une certaine modularité des installations et une large variété des services offerts… en plus d’une formation adaptée du personnel.

 

Pour aller plus loin : https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/dossiers/personnes-handicapees-agees-quelles-solutions

https://www.silvereco.fr/rapport-igas-lavancee-en-age-des-personnes-handicapees/3112304

 

(1)  Source : Enquête Handicap-Santé 2008-2009, volet ménages, INSEE - Les chiffres clés de l’aide à l’autonomie 2018, CNSA.

(2)  Il existe des dérogations permettant d’y être admis avant 60 ans. A cet effet, il faut s’adresser au conseil départemental et obtenir l’accord de la MDPH.

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