TENDANCES ET ENJEUX DES EHPAD DÉCRYPTÉS PAR ELIOR SERVICES SANTE

TENDANCES ET ENJEUX DES EHPAD DÉCRYPTÉS PAR ELIOR SERVICES SANTE

24 oct. 2017

Tom Lowe
24 oct. 2017

[Article] Télémédecine, formation et empathie : les enseignements de la mission flash EHPAD

Lancée à la suite de la grève du personnel de l’EHPAD des Opalines, une « mission flash » a été conduite par la députée Monique Iborra sur la prise en charge de la dépendance. Retour sur les enjeux et les conclusions, avec le Dr Nathalie Maubourguet, présidente de la FFAMCO.

Alors qu’elle vient de prendre part aux auditions menées par Monique Iborra dans le cadre d’une mission flash sur les EHPAD, la présidente de la FFAMCO (Fédération française des associations de médecins coordonnateurs) a le sentiment que les professionnels du secteur ont été écoutés et leurs propositions de solutions entendues. Ceux-ci sont unanimes : après la loi relative à l'adaptation de la société au vieillissement de 2016, il y a besoin d’un nouveau coup de pouce.

Les résultats de la mission conduite par la députée Monique Iborra ont été rendus publics le 13 septembre dernier. Quel état des lieux avez-vous dressé du secteur à cette occasion ?

La mission a été lancée à la suite d’une grève dans l’EHPAD des Opalines à Foucherans, dans le Jura. Ce conflit était symptomatique des difficultés que rencontre actuellement le secteur. L’ensemble des acteurs auditionnés dans le cadre de la mission flash ont demandé une suite à la loi Delaunay de 2016 sur l’adaptation de la société au vieillissement. La population vivant de plus en plus longtemps, on assiste depuis 15 ans au développement de polypathologies et d’une plus grande dépendance des personnes âgées, ce qui nécessite une prise en charge plus lourde et par voie de conséquence des moyens supplémentaires.

« Les effectifs demeurent insuffisants »

Or les effectifs n’ont pas évolué, et demeurent insuffisants. Il en résulte que les collaborateurs, faute de temps, n’utilisent pas suffisamment le matériel censé faciliter leur travail - un lève-malade par exemple. Ainsi se blessent-ils, et développent des troubles musculo-squelettiques. Les équipes ont beau être composées pour l’essentiel de personnes jeunes – en moyenne entre 30 et 40 ans, voire moins, les soins deviennent si lourds aussi bien physiquement que psychiquement que le métier attire moins. Les aides-soignants diplômés changent rapidement d’orientation. Il devient de ce fait compliqué de recruter, non seulement l’été, mais désormais tout au long de l’année.

Retrouvez l'intégralité de l'article et bien plus encore sur le ebook

"LES TEMPS FORTS DE LA VIE EN EHPAD" 

Téléchargez l'ebook 

Quelles sont les pistes de progrès envisageables ?

Tout d’abord, la formation de l’aide-soignant, aujourd’hui d’une durée d’un an, nécessiterait d’être complétée afin de mieux prendre en compte les troubles des personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer, entre autres.

De manière générale, un pensionnaire en situation de grande dépendance peut avoir des comportements agressifs. En réalité, il s’agit avant tout de réflexes de protection, qui ne sont en rien dirigés contre la personne de l’aide-soignant. Celui-ci doit le comprendre, afin de mieux réagir et ne pas s’en trouver affecté. Il faut lui apprendre comment prendre de la distance à l’égard de ces attitudes, et lui enseigner comment prodiguer les soins avec compassion, en adoptant des gestes plus appropriés. La FFAMCO propose des formations à cet effet.

Puisque vous évoquez les soins, que peut-on mettre en place pour améliorer la prise en charge des résidents ?

L’accès aux soins n’est pas toujours aisé en EHPAD. Parfois, les laboratoires d’analyses médicales sont éloignés, et tous ne se déplacent pas. De même, il peut être compliqué de faire des radios, ou des soins bucco-dentaires. Face à ces difficultés, le développement de la télémédecine peut apporter une réponse appropriée, en particulier la téléconsultation. Concrètement, ce mode de consultation réunit des intervenants pluridisciplinaires autour d’une même table, ou par webconférence. Il permet de définir rapidement une conduite à tenir et d’agir avant que la pathologie ne s’aggrave. Ce gain de temps est primordial, par exemple, en présence de plaies ou d’escarres, ou encore en matière d’hygiène bucco-dentaire.

Cette solution a d’ores et déjà été développée en Alsace ou en Aquitaine, où des budgets importants ont été consacrés au financement du matériel. Mais ce qui manque, ce sont… les personnes derrière l’écran, pour une raison simple : il n’est pas si évident de mobiliser tous les praticiens nécessaires au même moment.

Et en matière de gestion des risques, quelles sont vos préconisations en EHPAD ?

L’un des risques essentiels à gérer est le risque médicamenteux. Il faut être attentif au circuit complet, depuis la prescription jusqu’à l’ingestion, ce à quoi veille le médecin coordonnateur en étroite liaison avec le pharmacien.

« Les partenaires du bio-nettoyage jouent un rôle crucial »

Un autre point de vigilance concerne la gestion du risque infectieux en EHPAD, où l’on rencontre souvent des résistances bactériennes. Les partenaires du bionettoyage jouent à cet égard un rôle crucial : plus ils sont compétents, plus ils soulagent les équipes soignantes dans la gestion de ce risque. Nettoyer les poignées de porte permet par exemple d’éviter bien des contaminations. Une gouvernante correctement formée à ce type de risque saura manager son équipe en conséquence. Le personnel de cuisine peut également contribuer à le limiter.

La gestion des risques constitue, en tout état de cause, le gros du travail du médecin coordonnateur : les pensionnaires y arrivent à un âge si avancé qu’il n’est pas rare que nombre de leurs organes présentent des pathologies. Notre travail consiste ainsi, et surtout, à faire la balance entre les bénéfices et les risques. Les familles souhaitent souvent que leurs aïeuls vivent le plus longtemps possible, et privilégient ainsi la sécurité. Mais à quel prix ?

« Le mouvement, c’est la vie »

La FFAMCO milite depuis 15 ans contre la contention, par exemple, car le mouvement, c’est la vie. Lorsqu’on arrête de bouger, passé un certain âge, les articulations se bloquent, et la prise en charge se complique d’autant. Certes, se mouvoir peut entrainer une chute. Mais lorsqu’il reste 3 ans et demi à vivre à une personne, doit-on la priver de liberté au nom de sa sécurité ? Il arrive ainsi qu’en tant que médecins coordonnateurs, nous engagions notre responsabilité, en ne suivant pas toujours l’avis du médecin généraliste.

« Être attentif aux histoires de vie des pensionnaires »

De fait, nous appréhendons l’environnement du résident dans sa globalité : nous décidons de son entrée dans l’établissement, de sa sortie éventuelle, de l’organisation des soins d’une manière bienveillante. Nous sommes de même très attentifs à l’histoire de vie des résidents. Certains, atteints de la maladie d’Alzheimer, peuvent être sujets à des délires liés à leur passé, comme ce vieux monsieur, rescapé de Dachau, qui attaquait les infirmières qui entraient la nuit dans sa chambre pour lui prodiguer ses soins.

Pensez-vous avoir été entendus lors de cette mission flash ?

Elle-même ancienne sage-femme, Monique Iborra est sensible à la question de la prise en charge du résident et s’est montrée attentive à nos propositions, dont elle était d’ailleurs en attente. La loi de 2016 a sans doute constitué une avancée, mais il faut aller plus loin et sensibiliser le grand public, notamment afin qu’il sache déceler plus tôt lorsqu’un parent âgé a besoin d’une aide. Il faut mettre en chantier la dépendance comme un risque, et en appeler à la solidarité nationale. Car tout cela a un coût, y compris lorsqu’on choisit de rester à domicile, ce qui peut nécessiter l’intervention sur place de trois ou quatre personnes au quotidien…


Article rédigé par Elisabeth Torrès et proposé par Arnaud Iribarne, Expert conseil en hôtellerie de santé

Pour aller plus loin : http://www.ffamco-ehpad.org

 


 

Partenaire des EHPAD depuis 40 ans, Elior Services Santé a conçu Alegio®, une gamme d’outils pour réaliser les prestations de bionettoyage et de service des repas dans le respect du rythme et des préférences de chaque résident. En savoir plus  

Découvrez notre ebook

"LES TEMPS FORTS DE LA VIE EN EHPAD" 

Téléchargez l'ebook 

Abonnez vous à notre newsletter mensuelle
Rechercher
Notre sélection
Le
Le top 6 des articles 2018 d'Echo SilverRetrouvez les meilleurs articles d’ECHO SILVER parus en 2018, et rendez-vous en 2019 pour toujours plus...Lire la suite
[Article]
[Article] Les temps forts de la vie en EHPADLa question peut paraître saugrenue : « Il n’y a que des temps forts au sein des EHPAD !...Lire la suite
[Article]
[Article] Accueil d’un nouveau résident en EHPAD : réussir la rencontre - étape n°1Dans la salle à manger d’un EHPAD, les fauteuils roulants prennent de plus en plus...Lire la suite
Récemment
[Événement]
[Événement] Couverture Synerpa 2019: Recevez le compte-rendu ! C’est en tant que média officiel du Synerpa que votre média Echo Silver by Elior...Lire la suite